L'histoire de la commune

Blason de Lafrançaise
Blason de Lafrançaise "de gueules à la croix vidée, cléchée et pommelée d'or, cantonnée de quatre fleurs de lys du même"

La présence d'hommes sur le site de la commune de Lafrançaise, plus précisément dans la plaine du Saula, est très ancienne. La découverte de pierres polies par des ouvriers au XIXe siècle prouve que l'implantation des hommes y remonte au moins au Néolithique. Une nécropole de l'Age du Bronze  confirme une présence durable. On a enfin mis à jour des vestiges de populations celtiques : la zone de Lafrançaise, sur les derniers coteaux du Quercy, marque alors la limite sud du territoire des Gaulois Cadurques.
L'arrivée des Romains dans la région en 58 avant J-C et la paix romaine imposée dans toute la Gaule ont favorisé le développement des routes commerciales et l’implantation de villae : des vestiges ont été exhumés autrefois dans les zones de Saint-Maurice près du Tarn et de Bénas près du Lemboulas.

Nous ne possédons que peu d'informations sur la période du Haut Moyen-âge. Le toponyme Francour semble attester une présence franque, la région ayant été conquise au début du VIe siècle. A l'époque carolingienne, cette zone est placée sous l'autorité des comtes du Quercy, avant que les comtes de Toulouse n'y affirment leur autorité à la fin du IXe siècle.

Plusieurs établissements religieux s’implantent dans les siècles suivants (du XIe au XIIIe siècle), souvent liés au vaste mouvement de défrichement impulsé par les grandes abbayes de la région : une abbaye grandmontaine  et une église à Francour, des églises au Port-Noguier sur le Tarn, à Lapeyrouse et à Lunel. Un château est également construit sur la colline des Mothes, tandis que le principal noyau de peuplement se développe à Bénas.
Lafrançaise naît en 1274 par un acte de Donation promulgué pour la création d'une bastide puis par l’octroi d’une charte de coutumes en 1275. Le nom choisi a pour but de marquer l'appartenance de la bastide au royaume de France après le rattachement du Comté de Toulouse au domaine royal, mais aussi dans le contexte des rivalités franco-anglaises qui font de cette région une zone frontière. La nouvelle bastide, comme toutes les fondations similaires du XIIIe siècle, a une fonction défensive (juchée sur sa colline et surplombant la plaine du Tarn, face au château des Mothes) mais aussi commerciale, témoignant de l’essor économique et du développement des échanges dans toute l’Europe occidentale à cette époque. Sa situation de ville limite au bord des riches terroirs de la plaine et des axes de communication notamment fluviaux va d’ailleurs lui permettre de se développer et de polariser les flux commerciaux grâce à ses foires et marchés, définis par la charte de fondation. Elle va pourtant souffrir de la guerre de Cent Ans, puis des guerres de Religion entre le XIVe et le XVIIe siècle avant de renouer avec la prospérité notamment sous l'intendance de l'Escalopier au milieu du XVIIIe siècle. Le pays lafrançaisain bénéficie alors de l'essor économique des vallées du Tarn et de l’Aveyron, lié entre autres aux activités de minoterie (moulin de Parazols) et au trafic fluvial (avec le Port-Noguier) en direction de Bordeaux et de l'Atlantique.
Mais au XIXe siècle, alors que le commerce atlantique décline, Lafrançaise et les coteaux du Bas-Quercy restent plus encore que le reste du département à l'écart de la révolution industrielle; la ruralité domine plus encore qu'en plaine la société. Du point de vue politique, elle apparaît comme conservatrice, manifestant une forte adhésion populaire au Second Empire puis votant majoritairement pour des candidats monarchistes dans les premières décennies de la IIIe République, avant que ne s’impose comme dans le reste du département le radicalisme.
Aujourd’hui la commune, forte d’une agriculture dynamique et variée, reste profondément marquée par la ruralité. Mais elle a aussi su développer de nombreuses activités artisanales et commerciales, et construire autour de la Vallée des loisirs un pôle d’attraction touristique.