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LES HABITANTS SAUVENT LA LIBRAIRIE

                           Reportage FRANCE 2 du Jeudi 16 Novembre 2017 

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Les propriétaires de la librairie-presse de Lafrançaise ne trouvaient pas de repreneur… Les habitants ont monté une association pour continuer de la faire vivre…

«La fille qui rendait coup pour coup» surveille les entrées. Plus loin, on se faufile entre le ventre d'Obélix et les Origines de Dan Brown. On surplombe le Loto-Kéno et les tickets qui gratouillent le rêve. Et on tombe nez à nez avec La Dépêche du Midi, le Monde et le Canard. Un peu plus loin, crayons, et gommes attendent de se fréquenter dans les trousses.

«Nous souhaitions prendre notre retraite, explique la propriétaire, Aline Saint-Pierre, qui tenait avec son mari Dominique la boutique depuis une dizaine d'années. Mais aucun commerçant ne voulait reprendre l'affaire. Ils hésitent, car pour les librairies, l'impact d'internet a été sévère…»

«La petite librairie» de Lafrançaise a donc bien failli tirer le rideau définitivement. Mais la presse, les bouquins, les BD, le papier, Yvon Lebret, éducateur fraîchement retraité adore ça. Et quand il a su que le commerce risquait de disparaître, il a décidé d'ouvrir une nouvelle page de sa vie, en créant une association, Le temps de lire. Objectif, mobiliser les citoyens de Lafrançaise et d'ailleurs, pour sauver la librairi

400 sociétaires

«Nous avons monté une Société coopérative d'intérêt collectif. Et nous avons lancé un appel aux habitants pour qu'ils prennent des parts dans cette aventure. Le prix de base était de 10 €, explique Yvon. Cela a permis à des gens très modestes – je pense à une mamie du village – de participer. Et nous avons déjà 400 sociétaires qui ont versé entre 10 et 1 000 €!»

Il y a aussi des commerçants, des pharmaciens, des boulangers, des médecins, des agriculteurs, le vétérinaire… Le maire Thierry Delbreil est ravi. Coralie, artisane, qui «fait de la restauration avec tout ce que les gens jettent» est un pilier de l'association, tout comme Noémi, kinésithérapeute qui se réjouit parce que «ce projet a permis une prise de conscience des gens du village.»

En quelques mois, 20 000 € ont été réunis. De quoi aller voir un banquier, qui a accepté de prêter le reste, pour racheter le fonds et le stock.

Et histoire de faire vivre cette librairie, Yvon et ses amis ont aussi créé «La petite université populaire du Quercy» : on organisera donc des expositions (D'une terre à l'autre et Noirs et Blancs, dès le 4 novembre) des animations culturelles avec les écoles et bien sûr des rencontres avec des auteurs. Petite librairie deviendra grande !

«Notre projet est à la fois le développement économique local, mais il est aussi social et culturel», savoure Yvon. Dès le 6 novembre, donc, Sandra, une jeune fille de Lafrançaise, salariée de la SCIC, accueillera les habitués.

«Mais, explique Yvon, comme il faudra être ouvert 7 jours sur 7, notamment, pour La Dépêche, elle sera aidée par des bénévoles, qui viendront une matinée ou un après-midi. Moi-même je serai là très souvent !»

Il y a déjà un volant d'une trentaine de bénévoles pour que la boutique revive : ils apprendront sur le tas à valider un loto. Pour le reste, chacun pourra discuter des mérites réciproques d'Obélix ou de Lisbeth Salender, qui sont aussi des héros de cette aventure !